Travailler plus pour gagner moins, pour les éducateurs de l’ADPS 44 ce sera toujours NON !

Depuis 63 jours les éducateurs spécialisés de l’Agence Départementale de la Prévention Spécialisée (éducateurs de rue) réunis dans une intersyndicale CGT-SUD  sont en grève pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail, revendiquer un salaire décent  et dénoncer les coupes budgétaires du service public auprès des populations fragilisées des quartiers populaires. Ils ont manifesté le mercredi 21 janvier 2026 devant les locaux de l’ADPS à Nantes. Nous y avons rencontré Céline Mazan, Délégué Syndicale de la CGT ADPS 44.

« Nous sommes salariés sous un statut de contractuels de la fonction publique et le Groupe d’Intérêt Public (GIP) du département de Loire- Atlantique  qui est prescripteur de notre activité a décidé de précariser notre emploi en décidant unilatéralement du changement de notre modalité de temps de travail par le passage à 1607 heures annuelles au 1er janvier 2026. Ce qui correspond à

une augmentation de notre activité équivalente à quatre semaines en contrepartie d’une « augmentation » de salaire de 38 euros nets mensuels.

En parallèle, depuis 2021 un changement de hiérarchie a provoqué un renouvellement  de 50 % des effectifs sous l’effet de pratiques  managériales inappropriées  (conditions de travail dégradées, individualisation du dialogue social au détriment du collectif,  mobilité professionnelle imposée).

Nous sommes confrontés aux atermoiements du GPI qui ne nous écoute pas. Nous, les  salariés grévistes,  sommes passés à l’action en nous invitant, entre autres,  dans les conseils municipaux afin de revendiquer l’ouverture d’une négociation loyale avec les organisations syndicales représentatives dans l’entreprise. Sous la pression le GIP a convoqué ce 21 janvier 2026 une assemblée générale extraordinaire afin de statuer sur une demande de moratoire et d’un calendrier de négociation. Mais hélas ces demandes ont été refusées.

Aujourd’hui l’intersyndicale a reconduit la grève et réitère sa demande  de moratoire immédiat sur le passage aux 1607 h, ce moratoire est un préalable  à notre participation  aux négociations.

Elle exige l’égalité salariale pour tous les éducateurs du département (on note des différences pouvant atteindre la somme de 500 euros nets mensuels) par une réévaluation des positions dans la grille indiciaire de la fonction publique territoriale qui tienne réellement compte de nos diplômes, expériences et qualifications.

Nous alertons les pouvoirs publics pour que la « casse organisée du  service public de la prévention spécialisée »  ne soit pas celle de la santé des salariés, en effet, au 1er janvier 2026 sur les 44 éducateurs de Loire-Atlantique 11 sont en arrêts de travail, et 2 ont démissionné ».